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Images du pouvoir / Pouvoir des images

 

 

Le pouvoir

Notion purement conceptuelle, le pouvoir n’existe pas en dehors de la domination de la personne ou du groupe qui l’exerce sur des « sujets » peu ou prou disposés à lui obéir. En cas de refus d’obéir, que ce soit le fait d’un seul individu ou de l’ensemble d’une population, le détenteur du pouvoir menace d’exercer la contrainte de violences morales et/ou physiques. Pour éviter d’en arriver à ces extrémités, il dispose de plusieurs ressources préalables qui sont la persuasion, le prestige, la légitimité,…

Dans les sociétés préindustrielles, l’Etat se pose comme le pouvoir suprême, « le souverain », qui s’incarne dans son détenteur ; les sociétés industrielles nomment avec d’autres mots des réalités semblables mais distinguent, à leur côté, d’autres secteurs de l’activité sociale comme le pouvoir économique, le pouvoir intellectuel,…

La « supériorité » de la personne ou du groupe qui dispose du pouvoir se réalise notamment dans les sociétés préindustrielles par des symboles et des insignes de pouvoir. Les relations entre l´espace, l’autorité et le pouvoir sont nécessairement médiatisées par ces symboles ; c'est-à-dire qu’à partir d’une réalité matérielle (un bâtiment, une statue, une pièce de monnaie,…), on cherche à communiquer une idée, une valeur, un sentiment,....

 

Images du pouvoir

L’illustration du livre imprimé vient, depuis la fin du XVe siècle, compléter le discours et quelquefois se substitue à lui, pour ne devenir dans certains cas, qu’une suite d’images dont le message (apparent ou voilé), est d’autant plus percutant qu’il n’est ni tempéré, ni explicité par le texte.

Le lieu du pouvoir, lieu symbolique, est à la fois porteur de pouvoir dans l´ordre spatial et porteur de l´espace dans l´ordre du pouvoir ; l’architecture, comme la mise en scène urbanistique, participe ainsi à l’élaboration de l’image du pouvoir (que l’on se souvienne particulièrement de la théorisation des places royales (fin XVIe – fin XVIIIe siècles et des grands édifices élevés à la gloire du souverain, de sa personne, de sa lignée,... comme en témoignent l’ensemble des traités d’architecture élaborés jusqu’au milieu du XIXe siècle. Par la suite, le vocabulaire de l’architecture affectera (sauf dans les régimes totalitaires) une plus grande neutralité et c’est le geste architectural qui deviendra affirmation de pouvoir.

La souveraineté s’exerce également sur des populations et sur des territoires. L’Histoire que certains font servir à la démonstration qu’un pouvoir est d’autant plus légitime qu’il est plus ancien, la cartographie qui comptabilise les richesses du souverain, la glorification de ses victoires, contribuent en magnifiant sa puissance, à accroitre cette légitimité : atlas, livres de batailles, chroniques racontées par les médailles ou autres sont autant de preuves de légitimité destinées quotidiennement aux sujets comme plus tard aux citoyens.

Le Pouvoir ne se divise pas, mais il peut se décliner en diverses spécialités. La justice, autant dans l’application des lois et les peines qui en découlent que dans l’élaboration de cette loi - comme dans un autre registre qui fonctionnellement n’en est pas si éloigné : l’éducation - contribuent au formatage des populations. Les personnages ainsi revêtus de parcelles d’autorité adoptent volontiers les attitudes de la souveraineté.

 

Pouvoir des Images

L’image peut dès lors être détournée, manipulée, servir à une forme de contre pouvoir. Ainsi apparait la dénonciation des dérives anormales du pouvoir regardées comme une expression de la tyrannie. Le danger que représentait pour les pouvoirs en place, le long réquisitoire sur la terrible Persécution des Vaudois du Piémont fut si bien compris des autorités que la Savoie, la France et Rome s’acharnèrent à la destruction de l’ouvrage qui en informait.

La caricature et les images de propagande, notamment pendant les conflits, poursuivent un objectif identique qui est, le plus souvent, une dérision, un dénigrement systématique visant à détruire la légitimité du pouvoir.

 

 

[Augustin GOSMOND]

Histoire des Campagnes du Roy. Dédiée à sa Majesté
Les Campagnes de Louis XV le bienaimé. Représentées par des Figures allégoriques avec Une explication historique (Frontispice).

Chez l'auteur & Vanheck, Paris, 1751.

In-folio de (2)-45-(1) feuillets
Maroquin aux armes de Marie-Adélaïde (1732-1800), fille de Louis XV
Fonds anciens et précieux : Res D 901

 

 

 

 

Premier tirage de cette apologie de Louis XV illustrée par le peintre Augustin Gosmond de Vernon. L'illustration comporte un beau titre gravé, un frontispice allégorique et 44 médaillons avec leur explication.

Ce genre de "biographie" par les "médailles" est un classique des apologies royales. Cohen/de Ricci 445.

La "biographie" par les "médailles" est un classique des apologies royales

 

 

 

Honoré Gabriel RIQUETTI, comte de Mirabeau

Atlas de la Monarchie Prussienne, contenant dix cartes géographiques, quatre-vingt-treize planche de tactique, & plus de cent tableaux numériques.

A Londres [Paris] : LeJay, 1788.

In-folio
Fonds de conservation : A 504

 

 

 

 

 

10 cartes dessinées par Mentelle et gravées par Tardieu, 93 planches de tactiques militaire et 74 planches de statistiques et divers.

Atlas destiné à illustrer l'ouvrage de Mirabeau (Honoré Gabriel Riquetti, comte de, 1749- 1791) "De la Monarchie prussienne sous Frédéric Le Grand ; avec un appendice contenant des recherches sur la situation actuelle des principales contrées de l'Allemagne".

 

 

 

Josse de DAMHOUDERE

Praxis Rerum Criminalium Iconibus Materiæ Subjectæ Convenientibus, Pulchrius Quam Unquam hactenus recognita atque illustrata, multis quoque in contextu doctis additionibus locupletata, Prætoribus, Proprætoribus, Consulibus, Proconsulibus, Magistratibus, reliquisq ; id genus Iustitiarijs ac Officiarijs apprimè utilis & necessaria. Authore Clariss. Viro Domino Iodoco Damhouderio Brugen, [...]

Antverpiae : Apud Ioannem Bellerum, M. D. LXII. (1562).

Petit in-4° texte sur deux colonnes, frontispice et soixante-huit figures dans le texte, gravées sur bois.
Fonds de conservation : M 1436

 

 

 

 

Damhoudere résume la jurisprudence des tribunaux flamands du XVIe siècle et cite les édits rendus, pour les Pays-Bas, par Charles-Quint et Philippe II. Il critique plus d'une fois les formes de procédure suivies à Bruges, au Conseil de Flandre et au Grand Conseil de Malines ; il expose, d'une manière exacte et raisonnée, les principes enseignés au-delà des Alpes ; il donne aux juges et aux justiciables les conseils les plus sages ; il dénonce, les abus qui s'étaient glissés dans les rangs du clergé, de la magistrature et de l'administration ; il manifeste, au plus haut degré et dans toutes les parties de son livre, le sentiment inné de la justice. Ce n'est qu'en matière de sorcellerie que son sens droit et ferme l'abandonne.

 

 

Jean LEGER

Histoire générale des églises évangéliques des vallées de Piémont ou Vaudoises. Divisée en deux livres, dont le premier fait voir incontestablement quelle a esté de tous tems tant leur discipline, que sur tout leur Doctrine...

A Leyde, chez Jean Carpentier, 1669.

In-folio de [32]-212 + [16]-385-[6] pages.
Fonds de conservation : ATR 3531

 

 

 

 

Contient un titre-frontispice, un portrait, une carte à double page, et 34 figures gravés sur cuivre.

Pasteur des vallées piémontaises, témoin des massacres, l’auteur vit ses biens confisqués et sa maison rasée sur ordre du Duc de Savoie, il se réfugia à Leyde où il fut nommé pasteur de l'Eglise Wallone en 1663. La Cour de Rome fit détruire un grand nombre d'exemplaires de cet ouvrage dont la plupart des figures illustrent la férocité avec laquelle fut menée la répression des Vaudois, ordonnée par le duc Charles-Emmanuel II qui déclenche une terrible répression en 1655 contre les « vallées vaudoises » du Piémont (Pâques piémontaises).

 

 

Abraham FABERT,

Les remarques sur les coustumes générales du duché de Lorraine, esbaillages de Nancy, Vosges, & Allemagnes

Metz : Cl. Bouchard, 1657. (Édition posthume)

In-folio de (2) ff, 539-(1 bl.)-(14) pp.
Fonds anciens et précieux : Res BB45

 

 

 

 

 

Titre-frontispice et portrait au verso par Sébastien Le Clerc sur d’autres éditions figure le portrait de Fabert par G. Ladame. Cet exemplaire rassemble les deux frontispices connus. L’ouvrage n'est pas de Fabert, mais de Florentin Thiriat, avocat de Mirecourt, qui fut pendu pour avoir écrit un pamphlet satirique contre un prince de la maison de Lorraine, les héritiers de Fabert le firent éditer sous son nom

 

 

Robert GAGUIN

La Mer des croniques et miroir hystorial de France
Nouvellement additionne de plusieurs additions - jusques en l'an Mil cinq cens et XXV. Avec les généalogies de France.

Edition partagée entre deux libraires parisiens Philippe Le Noir et Ambroise Girault.

In-folio, caractères gothiques, figures
Fonds anciens et précieux : Res SK 18

 

 

 

 

La première édition du « Compendium francorum gestis » date de juin 1495. Dès le mois d’octobre de cette année Erasme de Rotterdam saluait Robert Gaguin, pour avoir amené à la lumière les hauts faits des rois et des princes de la France, presque ensevelis jusqu'à présent dans les ténèbres, … et de les consacrer à l'immortalité.

 

 

Arnolds neue Kriegsflugblätter der Liller Kriegszeitung

Lille : Druck und Verlag der Liller Kriegszeitung, 1917.

Fonds du Kriegsmuseum Metz n°25

 

 

 

 

 

 

 

Le journal de la 6eme Armée Allemande fut publié pendant toute la guerre de 1914-18 sur les presses du journal lillois « l'Echo du Nord »,

Il utilisait notamment les services d’un dessinateur humoristique Karl Arnold (1883-1953) dont l’humour grinçant se donne libre cours dans le supplément du journal : les „Kriegsflugblätter " qui s’apparente aux tracts que la propagande allemande déversait au dessus des tranchées françaises et anglaises.

 

 

 

Louis-Charles VALLETTE

L’Utile, mensuel patriotique et populaire

Fonds de conservation : N 1564

 

 

 

 

 

 

 

Fondé Metz par, avocat progressiste et libéral, rédacteur et gérant du Courrier de la Moselle. L’Utile ne devait survivre que trente-six mois de 1833 à 1835.

Vivement attaqué par les représentants locaux du pouvoir monarchique pour ses critiques à peine déguisées et l’irrévérence - peu commune pour l’époque - de ses illustrations. Laurent Charles Maréchal signe ici une charge intitulée « les trois pouvoirs » qui montre le roi [dans lequel chacun reconnait sans difficulté Louis Philippe] tenant ferme le gourdin et entouré par les deux chambres, tous trois seulement préoccupés de s’enrichir.

 

 

 

Charles-François ROLAND dit ROLAND LE VIRLOYS

Dictionnaire d'Architecture, Civile, Militaire et Navale,...

Paris : Libraires Associés, [1771].

Fonds de conservation : WW 138

 

 

 

 

 

 

La construction d’un nouveau théâtre, prévu dans l’île du Saulcy récemment ouverte à l’urbanisation, débute en 1738 ; elle est interrompue en 1749, par la guerre de Succession d’Autriche. Les travaux reprennent en mai 1751, sous la direction de Roland Le Virloys (Paris 1716-1772), dont Belle-Isle s’est entiché. Le nouveau bâtiment ne doit pas seulement abriter un hôtel des spectacles, il doit également servir à l’embellissement de la cité et à la gloire du roi. Comme tout édifice public du royaume, il fera donc référence à la monarchie : le fronton de la façade latérale, qui forme le fond de la place, recevant un décor aux fleurs de lys, tandis que les colonnes de l’avant-scène, sous le nom d’ »ordre français » inventé par Le Virloys, déclineront des L de Louis entrelacés et que le bouton du tailloir deviendra un motif au « soleil rayonnant » inspiré du vocabulaire décoratif du règne de Louis XIV.

 

 

Jacques-François BLONDEL

Cours d'architecture ou traité de la décoration, distribution et construction des bâtiments ; contenant les leçons données en 1750 et les années suivantes, par J. F. Blondel,...

Paris : chez Desaint, [puis] chez la veuve Desaint, 1771-1777.

Fonds de conservation : NN140

 

 

 

 

 

Blondel avait été envoyé à Metz par le duc de Choiseul, ministre de Louis XV pour étudier le projet des bâtiments qui devaient être élevés pour le nouveau chapitre royal de St Louis. Ici encore la référence obligée à la monarchie inspire le nom du nouveau chapitre.

 

 

Tassin, Christophe,

Les plans et profils de toutes les principales villes et lieux considérables de France ; ensemble les cartes générales de chacune province, et les particulières de chaque gouvernement d'icelles mis au jour par le sieur Tassin, géographe ordinaire de sa majesté...

Paris : A. de Fer, 1652.

Fonds de conservation : Clm G 16

 

 

 

 

Œuvre de grande vulgarisation, ce double recueil (provinces du nord et du sud) entend donner une représentation idéale du royaume en rassemblant toutes les provinces et toutes les grandes villes soumises au roi par héritages ou par conquête.

 

 

Bartholomaeus COLONIENSIS

Epistola mythologica cum quorundam difficilium vocabulorum in ea positorum luculenta interpretation

Deventer : Jakob van Breda, avant le 27 février 1490.

Fonds anciens et précieux : Inc 279

 

 

 

 

 

 

C’est avant tout le frontispice qu’il faut remarquer. Véritable pendant de l’image du souverain, qui met en scène le maître, revêtu de la puissance de son savoir et qui règne, du haut de sa chaire, l’équivalent d’un trône, sur la chétive espèce assise à ses pieds.

 

 

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